LCR : « Le « casse-tête » des trésoriers d’entreprises commence à peine »

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LCR : « Le « casse-tête » des trésoriers d’entreprises commence à peine »

La semaine dernière, nous mettions en avant les nouveaux moyens de financement à la disposition des « corporates » dans un environnement de taux bas et une reprise des décisions d’investissements. Cette semaine, nous tenons à mettre en avant une source de financement totalement non innovante mais qui dans un environnement de taux bas (et de régulation bancaire de plus en plus forte) en fait désormais une source utilisable : les dépôts « corporates ».

 

Le Liquidity Coverage Ratio

Pour bien comprendre, il faut décortiquer la nouvelle régulation qui s’applique aux banques de la zone euro à partir du 1er octobre 2015 : le LCR ratio (Liquidity Coverage Ratio), ratio de liquidité court terme, qui veille à ce que les banques disposent d’actifs liquides afin de faire face à une situation de stress entraînant des « outflows » sur leur passif, à fortiori sur les dépôts. Cette régulation est menée par le « Comité de Bâle » et désormais retranscrite par la BCE.

Prenons le cas des dépôts « corporates ». Le régulateur estime que le risque d’ « outflow » portant sur ces dépôts (plus précisément les « big corporates ») en cas de stress est de 40%. Il impose alors aux banques de mettre en face de ces 40% des actifs liquides classés en 3 catégories (LEVEL1, LEVEL2A, LEVEL2B) comptabilisées respectivement à 100%, 85% et 50-75%, fonction des actifs sous-jacents (obligations souveraines-cash déposés à la BCE …, obligations « corporates » AA- « at least » …, RMBS-obligations « corporates » BBB+/AA- …). Exemple : en face de E100 de dépôts « corporates » dont E40 à risque, une banque doit avoir à son actif E40 d’obligations souveraines (100%) ou E47 d’ obligations « corporates » AA- « at least » (85%) ou E53 de RMBS (75%).

La mise en place du LCR sera à 60% au 1er octobre 2015 pour atteindre une « full implementation » (100%) en 2019. En utilisant notre exemple, une banque devra avoir E24 d’obligations souveraines au 1er octobre 2015 en face de E100 de dépôts « corporates », pour tendre à E40 en 2019.

Conséquences sur le financement

Le problème est que dans un environnement de taux bas, donc de faibles rendements, voire des rendements négatifs (souligné dans un précédent billet), porter de tels actifs pour une banque est très pénalisant. Les banques incitent donc les entreprises à retirer leurs dépôts, c’est déjà le cas en proposant des taux négatifs à celles-ci afin de rémunérer leurs dépôts. Le « casse-tête » des trésoriers d’entreprises commence à peine …

La solution est d’utiliser les dépôts comme source de financement. Ces dépôts sont très importants compte tenu de plusieurs années de « deleveraging » pour les entreprises en général. Dans un environnement de faible croissance organique, le M&A devrait tirer profit de cette « nouvelle » source de financement.

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