Stéphane Ravel, gérant d’actifs spécialisé dans la gestion ACTIONS chez Le Conservateur, revient pour Cashlab sur la notion de Cash dans l’Asset Management.​

Pouvez-vous nous parler du CASH dans l’Asset Management ?

« Chez les investisseurs, la notion de CASH est fondamentale. En effet, le CASH est la base de la principale méthode de valorisation d’un actif, a fortiori une entreprise. Cette méthode est le DCF, Discounted Cash Flow, avec laquelle on actualise aujourd’hui la somme des flux futurs de trésorerie. On en tire ainsi une valorisation de l’entreprise.

Cette méthode est plus absolue que celle des MULTIPLES (Price/Earnings Ratio) utilisée en relatif. Qui, elle, compare une entreprise à une autre, un secteur à un autre. 

À noter que les gérants s’appuient de plus en plus sur un équivalent CASH de ce ratio, le FCF YIELD. Il représente le rendement d’une action par rapport au FCF généré sur l’année désirée. Cette dernière méthode permet donc de faire du relatif tout en gardant le CASH au centre de la valorisation. »

 

Y a-t-il eu des évolutions récentes qui ont accéléré ce passage à une CULTURE CASH ?

« Selon moi, la part grandissante des fonds de PRIVATE EQUITY dans le M&A des entreprises cotées a été un accélérateur pour la profession. Le principe de ces fonds est de « leverager » au maximum la cible. C’est-à-dire utiliser le CASH généré pour faire face exclusivement au remboursement de la dette (plus besoin de rémunérer les actionnaires).

Finalement, l’objectif est de transformer la dette de départ en EQUITY sur leur période d’investissement. Ainsi, même sans augmentation du multiple d’acquisition (multiple non CASH, essentiellement Entreprise Value/EBITDA), la création de valeur pour le fonds est énorme une fois l’entreprise revendue.

Cela suppose un monitoring très fin et des outils de suivi du CASH très efficaces. Afin notamment de faire face au remboursement des échéances quelle que soit la situation opérationnelle de l’entreprise acquise. Cette culture s’est peu à peu imposée chez tous les gérants d’actifs. »

 

Dans votre quotidien, faites-vous également ce suivi ?

« Bien entendu ! Les gérants utilisent désormais de nombreux indicateurs opérationnels liés au CASH. Ils sont la clé de nos prévisions. Même si dans l’univers coté, le remboursement de la dette n’est pas le seul objectif, les intérêts sont alignés. L’amélioration du FCF opérationnel laisse la possibilité à l’entreprise de financer ses investissements (CAPEX) pour assurer :

  • la croissance organique du CA
  • des acquisitions pour garantir une croissance externe du CA (une manière d’accélérer la croissance)
  • le remboursement de la dette (cas du PRIVATE EQUITY)
  • ou la rémunération des actionnaires (via un dividende ou des plans de rachats d’actions, cette dernière étant d’une culture anglo-saxonne)

Par conséquent tous les éléments constitutifs de l’operating cash flow sont analysés par les gérants. »

 

Les entreprises aussi ?

« Oui, c’est justement ça qui a évolué récemment. Ces KPIs sont données 2 à 4 fois par an par les entreprises cotées, lors des publications trimestrielles ou semestrielles, voire les deux. On parle de Cash Conversion, Organic Free Cash Flow… Mais désormais, l’attention se porte vers les éléments constitutifs de ces KPIs, et plus seulement les investissements (le CAPEX).

 

Les investisseurs souhaitent comprendre et anticiper le besoin en fonds de roulement et surtout son évolution. Là encore fleurissement des KPIs comme le besoin en jours de CA, le stock en CA… En amont, l’entreprise doit donc s’équiper pour assurer ce suivi, faire des prévisions, et donner des perspectives (des guidances) aux investisseurs et les respecter !!

 

Le gérant doit donc veiller à ce que l’entreprise investisse dans l’aide à la décision, car là encore les intérêts s’alignent ! »

 

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