Les Trésoriers sont face à des défis de taille. Pour les relever, leurs modes de fonctionnement vont être remis en cause. Ils vont se concentrer sur des tâches à haute valeur ajoutée, liées à l’anticipation et leur mission va évoluer. Notamment, grâce à la mise à disposition de solutions connectées (ex : solutions de paiement, de services autour du paiement), avec des systèmes amont (order to cash en particulier) à destination du business. Cette évolution interviendra plus ou moins rapidement. En fonction de l’évolution des nouvelles technologies (digitalisation des trésoreries), des nouveaux moyens de paiement et de la réglementation par exemple.

 

Transformation de la trésorerie : ce qui a fonctionné ces dix dernières années

Les transformations intervenues ces dix dernières années ont permis aux trésoreries des entreprises d’avoir une meilleure gestion des risques financiers (mission première d’une trésorerie), notamment :

  • Une meilleure visibilité sur leur cash en centralisant la liquidité : cash pooling, paiement « pour compte de »
  • Une meilleure sécurité des transactions : automatisation des process front to back, échanges électroniques avec les banques (messages SWIFT…), paiements de masse
  • Mais aussi, une plus grande efficience et expertise : centralisation des activités de trésorerie via des centres régionaux, voire mondiaux. Et le développement de shared service centers pour les tâches à moindre valeur ajoutée, automatisation des process
  • La mise en place de nouveaux outils pour optimiser le working capital : supplier financing, factoring, etc.

Et l’utilisation de nouveaux instruments financiers pour optimiser le coût de la dette et de la couverture du risque de change.

Tout ceci étant rendu possible par le développement de processus standardisés et la mise en œuvre de S.I de trésorerie. Peu “customisables”, elles sont en revanche moins flexibles pour s’adapter aux besoins toujours nouveaux des trésoreries.

 

Sous la contrainte d’un S.I de trésorerie, l’émergence de nouvelles méthodes

Certaines trésoreries en ont profité pour repenser leurs structures de cash management. En rationalisant, par exemple, le nombre de banques et de comptes. Elles mettent en place des « comptes virtuels » ou modules de gestion du change/FX, adaptés à leur empreinte géographique.

En parallèle, elles ont aussi repensé leurs paiements fournisseurs pour réduire la fréquence des paiements, réduire les coûts (notamment de FX) et optimiser leur BFR. Mais le sujet majeur des dernières années a été le rapprochement : comment l’optimiser ? La réponse se trouve dans plusieurs solutions : SI dédié, comptes virtuels, Swift Gpi… Dans ce contexte, les évolutions à venir pourront apporter de nouvelles solutions – mais aussi des contraintes – telle que l’Instant payment.

 

Les challenges 2.0 des trésoreries d’entreprise

Les trésoreries d’entreprise doivent faire face à une nouvelle révolution : la digitalisation (accélérée, 2.0, 4.0). Celle-ci est parfois encouragée par la réglementation (Open banking globalement et PSD2 en Europe). Cette dernière pose un cadre pour proposer de nouveaux services et solutions aux consommateurs tout en souhaitant maîtriser les risques de fraudes et protéger les marchands. Ces évolutions reposent sur un développement accéléré de la technologie, notamment en matière de connectivité, d’API.

Ceci dans un contexte de marchés de plus en plus volatils et incertains et dans un environnement réglementaire changeant (protection des données, BEPS, réforme fiscale aux Etats-Unis, contrôle des exportations, suppression des LIBOR…). La cybercriminalité se développe et des vagues d’acquisitions surgissent, pouvant fortement impacter les transformations déjà effectuées. Par exemple celles dans la gestion de la liquidité, ce qui demande une grande mobilisation des équipes de trésorerie.

 

Réponse à la révolution digitale : la remise en cause des modèles connus

Cette révolution s’accélère avec l’émergence de nouvelles technologies, de moyens de paiement permettant le “real time” et de nouveaux acteurs. Ensemble, ils remettent et vont remettre en cause à des degrés divers et sur des horizons différents, les modèles déployés par les corporates en B-to-B et les trésoreries :

  • Nouveau business model pour les corporates B2B

Les business models des corporates B-to-B vont évoluer. Avec la possibilité de toucher directement le consommateur via des marketplaces et nouveaux moyens de paiement (instant payment, DPS2, paiement par mobile).
Ceci aura un impact très fort sur le process order to cash (redesign). Un éco-système avec de nouveaux acteurs (PSP, Fintech, GAFA) s’intercalera entre la banque et le corporate pour proposer des services autour de l’encaissement directement au business. Ils pourraient alors remettre en cause le modèle bancaire classique « d’encaissement » sous la pression du business. Ceci aurait pour corollaire l’émergence de nouveaux risques de contrepartie, de sécurité des paiements, et des coûts d’encaissement non maîtrisés (empilement d’acteurs).

Il est donc essentiel que les trésoreries soient force de proposition et soient associées dans de plusieurs évolutions :

  • Celles du process order to cash,
  • Le design des nouvelles chaînes de valeur,
  • La sélection des PSP et autres acteurs.

La relation bancaire va de ce fait, évoluer. La prestation attendue des banques n’étant plus un encaissement mais des services associés à l’encaissement : nouveaux moyens de paiement, informations liées aux paiements en « temps réel ». Les trésoreries et les banques, dans ce contexte, n’ont pas d’autre choix que de s’adapter pour rester des acteurs prépondérants. Les banques devront avoir la capacité à répondre à ces nouveaux besoins de service avec l’agilité nécessaire.

Certaines banques (dont Deutsche Bank) ont engagé de vastes changements et des investissements conséquents pour répondre aux besoins de leurs clients et du marché. Les récentes annonces sur une nouvelle solution de paiement (Request to Pay) dans le secteur aérien en est un bon exemple.

  • Digitalisation des trésoreries

Une révolution interne du digital est imminente dans les trésoreries :

  • Real time” dans la gestion de la liquidité. Avec l’open banking et les instant payments : les flux seront 24h/24, 7J/7.
    Il sera essentiel que les trésoreries analysent les impacts sur la gestion de leur liquidité et leurs modes de fonctionnement,
  • Intelligence artificielle/Robotique/BI : ils devraient permettre d’augmenter le niveau d’automatisation, donc l’efficience, de développer des analyses prédictives (cash flow forecasts par exemple) et permettre de mettre en place une couche de pilotage dynamique (dashboards),
  • Blockchain/Signature Électronique/GED pour certains contrats : crédits documentaires, KYC, documentation d’ouverture de compte qui sont des vrais problèmes pour les trésoriers,
  • API, TPP, eWallets,
  • API : ils ouvrent la possibilité d’échanger des informations avec des banques, Fintech, PSP en “real time” et remettent en cause le périmètre des fonctionnalités des S.I existants.
    Le prérequis étant d’avoir un S.I transactionnel « STANDARD » stable qui fonctionne, couvrant l’ensemble des opérations de trésorerie.

In fine, avec toutes ses (r)évolutions, il est important de savoir si les trésoriers vont digitaliser leurs processus de gestion ou digitaliser leur métier/expérience utilisateur.

 

Des impacts différents pour des business models différents

Conclusion : les impacts sur les trésoreries seront différents selon les business models du corporate et de la trésorerie. Ces évolutions complexifient les activités du Trésorier. Ces défis sont d’autant plus importants que les mises en œuvre passeront par :

  • L’évolution des S.I actuels, qui sont en partie obsolètes et lourds à faire évoluer (incompatibilité avec l’agilité nécessaire pour répondre aux besoins business) et qui demanderont des budgets conséquents,
  • Un fort management du changement dans les organisations et les équipes avec le besoin de nouveaux profils :
    • Des ingénieurs processus en charge de concevoir des solutions avec le business et les livrer
    • Des mathématiciens pour le développement d’analyses prédictives, par exemple.
  • L’identification des acteurs solides avec une présence au-delà de la région,
  • Une formation dans l’Entreprise des contributeurs business, IS/IT, trésoriers sur les nouveaux acteurs, technologies, nouveaux moyens de paiement encore trop méconnus,
  • Une prise de conscience au niveau des directions financières sur les enjeux digitaux dans les trésoreries
  • La mobilisation de budget pour accompagner ces changements dans un contexte de pression forte sur la réduction des coûts.

 

Dans tous les cas, le positionnement du Trésorier n’aura jamais été aussi stratégique et la digitalisation 2.0 ne fera que renforcer sa nécessaire implication dans les processus de gestion de l’entreprise.

 

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